Les harkhakot comme invitation à se retrouver.
Si nos Sages avaient voulu qu’il n’y ait aucun risque qu’un couple ne faute durant la période de niddah, ils auraient pu, tout simplement, interdire de manière catégorique tout contact entre les conjoints. Manger séparément, faire chambre à part, éviter de se parler etc.
Or, en examinant en détail ces halakhot, un tout autre schéma se présente à nous : loin d’être source de séparation, les harkhakot dénotent une tendance à essayer de maintenir autant que possible les interactions entre les conjoints, mais de manière différente. Les interdits sont certes présents, mais ils le sont afin de faire office de garde-fous pour que ces interactions puissent se dérouler en toute “sécurité halakhique”. On essaie d’ouvrir un autre médium de communication que la proximité physique.
Prenons par exemple les restrictions liées au repas : ne pas manger d’une même assiette, ne pas manger les restes de l’autre, ne pas lui servir de vin directement, avoir un rappel physique sur la table… Il aurait été possible de tout simplement ne pas permettre de manger ensemble. Or cela n’est pas le cas. En nous donnant une liste de restrictions autour de la prise des repas, la halakha vient nous rappeler que les repas sont un moment convivial, un moment où l’on échange, où l’on peut se sentir proches. Privilégier la prise de repas en commun, quelque soit la période et en particulier durant celle de niddah, est ainsi une des priorités que le couple doit avoir. Et la halakha est là pour faciliter ceci sans qu’il n’y ait de « prise de risques ».
Le même raisonnement est applicable sur les aménagements de la chambre à coucher : voir son conjoint juste avant de s’endormir et en se réveillant, même s’il y a une distance entre les lits, a une grande importance.
Il en est de même dans les sorties en couple, les discussions ou en encore les petites attentions que l’on se donne : ce qui relève de la séduction ou est propice à y conduire sera certes omis, mais communiquer à l’autre son amour et renforcer le lien émotionnel n’est en aucun cas interdit, au contraire, c’est vivement conseillé.